Supraorganism

Supraorganism est une installation réactive composée de sculptures en verre robotisées,  animées par un système de machine learning (une intelligence artificielle), et élaborée à partir de données collectées dans une communauté d’abeilles. 

Gardiennes de l’équilibre entre terre et ciel, les abeilles ont toujours été une source d’inspiration pour les penseurs. L’observation de leur intelligence est un indicateur de l’état de notre écosystème et elles sont souvent convoquées pour penser le présent. 

Aujourd’hui, les techniques de déduction des machines nous permettent d’interpréter une grande quantité de données et d’observer le monde différemment. Supraorganism est une œuvre sur la mémoire des abeilles et leur intelligence collective. Le processus de création est calculé à partir de schémas de comportement observés et analysés informatiquement. Un réseau de neurones artificiels a été entraîné sur les données captées par l’artiste. Ce système de machine learning, élaboré spécifiquement pour le projet, génère des prédictions : un aperçu de futurs possibles.

Ces interstices prédictifs sont incarnés dans une installation visuelle et sonore. Une vingtaine de sculptures en verre robotisées, suspendues sur une structure en inox, se déploient dans l’espace. Les modules prennent vie grâce à leurs systèmes connectés, lumières et moteurs, animés par l’intelligence artificielle en direct. La lumière et le son générés nous plongent dans cette atmosphère prédictive. Grâce à ses capteurs ambiants, l’installation réagit de manière subtile à la détection de visiteurs et s’adapte à leur présence, tel un organisme de vie artificielle.

Le caractère non prédictible du système nous amène à vivre une expérience singulière. La lumière et le son de ce nouvel être organisé réagissent en symbiose tout en se surprenant, s’entrechoquant dans une constellation structurée, organique et flottante.De cet ensemble émane une forme d’intelligence collective, un Supraorganism prend vie, générant  lui-même de nouvelles images issues des ombres et reflets projetés dans l’espace-temps de l’installation. 

Supraorganism, Justine Emard
2020
Installation (verre soufflé, robotique, capteurs et système de la machine learning)
Dimensions: environ 100m2

Œuvre réalisée grace à la complicité de Takashi Ikegami, Tokyo University, Martial Geoffre-Rouland, Stéphane Rivoal, Sylvain Garnavault, Manuel Passard / Manœuvre,  Sandrine Piq et David Dronet, Marie Delebarre et Helena Tulve.

Co-productions et soutiens :
–  ZKM Center for art and media, Hertz-Lab (Eastern DC residence), Karlsruhe, Allemagne
(Résidences du 21 Septembre au 1er Octobre et du 19 au 26 Octobre 2020)
–  Institut  Français – Allemagne
–  TM+, ensemble musical
– Festival ]Interstice[ – Station Mir, Caen 
– Maison de la musique de Nanterre – Scène conventionnée 
– Les Boréales, festival du nord, Normandie 


Performance Diffractions

Ce projet prend également la forme également d’une performance / concert en collaboration avec la compositrice Helena Tulve et l’ensemble musical contemporain TM+, dans un programme autour de la musique spectrale “Diffractions”. Helena Tulve a composé une pièce  pour l’ensemble musical intégrant l’installation Supraorganism comme instrumentiste à part entière. Les propriétés sonores et l’autonomie de l’installation seront sollicitées dans la performance, laissant une part de la création à l’intelligence artificielle en direct  sur scène.

               

Photo © Seb Houis