Le Chant des Sirènes

Le Chant des Sirènes (2026)
Justine Emard
Installation immersive
3’45

Une production Fisheye x BnF
En co-production avec le Lieu Unique, Nantes 
Avec la participation des Compagnons du Devoir, travail réalisé par les apprenants dans leur atelier numérique. 

Le Chant des Sirènes puise dans les collections de la bibliothèque numérique de la BnF*, Gallica, une base de données qui rassemble plus de onze millions de documents numérisés, dont plus d’un million d’images (estampes, photographies, manuscrits).

Des grands modèles de langage (LLM) ont été mobilisés pour explorer, annoter et analyser ce vaste corpus visuel. Naviguant dans cet océan de données, des modèles de réseaux de neurones génératifs compilent de nouvelles images que l’artiste orchestre dans une expérience cinématographique.

Le Chant des Sirènes est une œuvre immersive née de ce processus, qui met en scène les trois états de la vie d’un modèle d’intelligence artificielle : son émergence, son autonomie et son effondrement. 

Le public est invité à plonger au cœur de l’œuvre où les visuels font surgir une figure du bruit numérique, en constante métamorphose. Tour à tour envoûtante et vorace, la sirène incarne l’ambivalence vertigineuse de l’intelligence artificielle elle-même.

Les modèles d’intelligence artificielle ayant servi à la création de l’œuvre ont été entraînés sur des serveurs locaux, dans une démarche de maîtrise de la consommation énergétique et de l’impact environnemental, tout en respectant les principes d’usage des données ; leur mise en œuvre a nécessité 36 heures de calcul pour l’apprentissage des modèles et 80 heures pour la génération des images, soit l’équivalent de 3 kg de CO₂.

ENG

Siren’s Song draws on the collections of Gallica, the BnF’s digital library – a repository of more than eleven million digitised documents, among them over one million images: prints, photographs, manuscripts.
Large Language Models have been deployed to explore, annotate, and interpret this vast visual corpus. Moving through this ocean of data, machine learning models generate new images that the artist orchestrates in a cinematic experience.
The result is an immersive artwork that portrays the three phases of an AI model’s life: its emergence, autonomy, and collapse.
Its visuals summon a figure born of digital noise in constant metamorphosis: now an enchanting siren, now a monstrous entity, embodying the vertiginous ambivalence of artificial intelligence itself.

The artificial intelligence models used to create the artwork were trained on local servers, as part of an effort to control energy consumption and environmental impact, while respecting data usage principles; their creation required 36 hours of computation for model training and 80 hours for image generation, representing the equivalent of 3 kg of CO₂.

Le poste de travail de l’artiste Justine Emard, dans son atelier à Paris, le 13 mars. Sur l’écran, on peut voir ses travaux en cours sur « Le Chant des sirènes ». SAMUEL KIRSZENBAUM POUR « LE MONDE »

 

Articles : Le festival Noûs à la BnF, une réflexion sur la place de l’IA dans la création artistique, Le Monde

*La Bibliothèque nationale de France veille sur des collections rassemblées depuis cinq siècles, principalement à travers le dépôt légal institué en 1537 par François 1er. Elle assure la conservation et la restauration de collections uniques au monde, soit plus de 40 millions de documents, de tous types : livres et revues, manuscrits, photographies, estampes, cartes, plans, partitions, monnaies, médailles, décors et costumes de théâtre, documents sonores et audiovisuels, jeux vidéos…