Artificial prehistories

2019-2020
Installation vidéo générée en direct par une intelligence artificielle.
Avec la  participation de Lascaux IV, résidence au Labo Art+Artificial Agents de l’université du Maine, États-Unis (Juin 2019)

Photographies des grottes / bases de données : Justine Emard
Programmation : Sofian Audry 

La découverte des grottes ornées révèle l’existence de riches cultures visuelles depuis les débuts de l’humanité. Ce projet nous permettra d’explorer ces images de manière poétique en utilisant des technologies informatiques de pointe.

Nous vivons à l’ère des big datas où d’énormes quantités d’images sont générées, accumulées, analysées, stockées et supprimées quotidiennement. Pour la première fois depuis la préhistoire, nous avons franchi une étape importante : la majorité des images produites dans le monde ne sont pas destinées à être vues par l’œil humain, mais plutôt par des machines. Les réseaux neuronaux artificiels (une branche de l’intelligence artificielle) apprennent à reconnaître les images, à détecter les formes et à les imiter, voire à créer de nouvelles images de manière autonome, sans intervention humaine.
Nous proposons d’entrainer des réseaux de neurones artificiels sur une collection d’images de peintures rupestres que Justine prendra sur le site original. En observant ces images, ces réseaux de neurones développent progressivement leur propre appareil perceptif autour de l’univers visuel des peintures analysées : couleurs, formes floues, puis éventuellement silhouettes et profils d’animaux apparaissent, révélant une forme de perception mécanique des premières œuvres humaines.
Le reste du projet repose sur la création d’une base de données de prises de vue directes par Justine, afin d’interroger une pratique particulière de la photographie et de l’image.Le système génère en permanence de nouvelles images, telles qu’elles sont imaginées, pour ainsi dire, par la machine. Une «nouvelle» préhistoire apparaît sous nos yeux.