Turbulences Vidéo # 76

Quels liens entre le monde « réel » et le monde « virtuel » ?
Rencontre publique sur les cultures numériques du 10 mars 2012

Compte-rendu par Céline Maslard

Superposer pour créer l’illusion de la réalité

Justine Emard, plasticienne et vidéaste, est diplômée des Beaux-Arts de Clermont- Ferrand. S’intéressant à la photographie, à la vidéo, à la 3D, elle fut accueillie en résidence par Vidéoformes pendant un an puis au Centre de réalité virtuelle de Clermont-Ferrand.
Au cours de ses études à l’ESACM, Justine Emard suit, pendant un semestre, les cours de l’université d’Oklahoma où elle découvre un intérêt pour les cinémas drive-in et leurs images, et s’interroge sur les dispositifs qui permettent la superposition des images.
Son travail consiste à faire dialoguer les images fixes et les images en mouvement.
Elle définit la réalité virtuelle de la manière suivante : « Tous les moyens de simuler la réalité (avec des lunettes ou des outils pour se déplacer) mais en temps réel. », tandis que la réalité augmentée « se superpose à la réalité, pour créer une sensation de présence ».
Justine Emard a, à partir d’images capturées, de reconnaissance d’images et d’application d’éléments en 2D et en 3D et de huit dessins au feutre, créé un dispositif pour faire apparaître des images : le screencatcher. Nommé ainsi en référence au dreamcatcher des Indiens Navajos qui capturaient les bonnes images et évacuaient les cauchemars, ce logiciel agit comme un filtre à images. À l’aide d’une tablette numérique, on s’approche du dessin manuel, lequel est reconnu et identifié par le screencatcher, qui l’enrichit ensuite des images en mouvement développées par l’artiste.
Celle-ci illustre son propos avec une vidéo montrant trois lieux où son dispositif a été exposé.
En somme, « quelle différence avec l’incrustration?»interroge un auditeur. « La réalité augmentée est du temps réel, plus on s’approche du dessin, plus le son est fort. Comme si le filtre permettait de voir quelque chose qui n’existe pas », répond Justine Emard.

Cette technique est aussi utilisée dans les jeux vidéos, un peu dans l’industrie, et parfois employée à des fins commerciales. « Grâce à la réalité virtuelle, on peut aussi travailler sur les phobies, en simulant par exemple un bord de falaise, on peut se mettre en situation », ajoute Gabriel Soucheyre avant de poursuivre : « Le code barre au supermarché est la base de la réalité augmentée : tout à coup, on voit le prix de ce que l’on achète. »

Turbulences Vidéo #76